Diaphane
je fermerai tes yeux
au champ des assoiffés, j’irai tordre la terre
et elle te reniera
les fleurs de pluie que je détrousserai
suffiront pour avorter les flammes
je fermerai tes yeux
puisque se furent les miens
de nos reflets brisés
je détruirai les liens
momie clouée aux échos de chagrin
je fermerai tes yeux
fulgurance du demain
et puis main retrouvée aux sources du lactée
j’irai crier l’étoile
et elle te reniera
je fermerai tes yeux
aux aboiements hirsutes
et glauques des humains
je ferai taire l’onde mièvre des matins
et leurs mots voletants papillons d’incertain
viendront choir en nos corps
loin de tout, loin de rien
je fermerai tes yeux
puisque se furent les miens
je nous enfermerai au dedans de nos ruines
petites perles de sang
desséchées, confondues
au temps blême qui passe
nous resterons statue
je fermerai tes yeux
je n’ai plus rien à voir
à voir et à aimer
ombre de l’ombre, j’attendrai par dépit
qu’on vienne me renierAude, merci pour ces deux phrases, ces mots posés ici, je les prends comme une gifle ou un baiser, je les prends comme une bouée, une lueur, comme secousse, l'aube est longue à venir, et chaque dialogue avec l'autre est un nouveau rayon qui éclaire et bâtit, je veux écrire à nouveau votre texte car il est le fond de nous tous, ici si bas :
Puisque vous ne pouvez plus aimer et plus voir
Puisez votre vision dans un autre regard
Ces mots, daniel, sont plus que des mots vous l'avez bien compris Ces mots sont la vie, la beaute insolente parfois indecente de la vie
Si vous ne pouvez plus la voir alors laissez l'autre vous donner l'envie.
HU MAN
J’ai juste fermé les yeux pour revoir ton visage
Ton sourire radieux et pas toujours très sage
Je t’imagine aussi près de moi
t’approchant
J’ai juste fermé les yeux pour rêver un instant
Merci d'avoir rompu le silence...
Amitié poétique
Désolée pour le problème de police...
Dorénavant, j'éviterai le copier coller
Je suis émue par ton texte daniel...
Il fait remonter en mois quelques vieilles douleurs, quelques vieilles attentes...
Aude a raison...plonge tes yeux dans d'autres regards...il y en a un qui est pour toi!
Amitiés
Domi
Bonsoir Daniel,
je suis très touchée par ce texte où il est question de deuil ou de séparation de l'être aimé... Ce texte fait écho...
Quitter la personne aimée des yeux est très douloureux lorsque nos yeux ne voyaient plus qu'elle...
Et, comme le dit fort justement Domi, même s'il est encore possible de plonger ses yeux dans d'autres regards, le désir ne se commande pas...
Un poème en écho... je t'embrasse
CERISE EPHEMERE
Tu fus la cerise sur le gâteau de ma VIE,
La cerise désirée,
La rouge carmin…
Celle qu’on espère inlassablement,
Celle que l’on croque goulûment,
A la fin du printemps,
Celle qui décore les oreilles des enfants,
Celle que picorent les oiseaux portés par le vent,
Celle qu’en clafoutis cuisinent les mamans
ou en confiture, çà dépend,
pour défier le temps…
Cerise bien-aimée,
Moi, c’est en confiture que j’aurais aimé te cuisiner,
Pour que chaque matin,
Quelle que soit la saison,
au petit déjeuner,
Ta couleur carmin
Vienne se fondre
Dans mon premier café de la journée…
Cerise effet mer,
Tu n’as pas laissé
De goût amer…
Hi Daniel, je me balladais sur ton site sans faire "à rebours". Or, je ne comprends encore pas : "renier" ? Cela m'évoque le masculin des hommes qui ont assumé la vie, ses contraintes, ses désirs secrets qui n'ont pas toujours eu le repos de se laisser vivre...
Alors, reçois mon Mikado...
"Endormir"
Endormir / un relais / de fatigue / au désir /une porte fermée coulissante des ombres / et puis la fille /qui s'élance / bienheureuse / ressentie / se balance / on n'y croit pas / le pas feutré / entendu de l'espérance /disait /qu'il n'y avait que moi / de vérité soudaine / à celui vivifiant de l'aubaine / je ne crois pas l'écoulement du feu doux chaleureux / écourte les ondes pour sentir mieux que moi / j'écarte les mondes...
Puisque vous ne pouvez plus aimer et plus voir
Puisez votre vision dans un autre regard
"...cette renaissance de l'aube est contagieuse..."