Fermer
je fermerai tes yeux
au champ des assoiffés, j’irai tordre la terre
et elle te reniera
les fleurs de pluie que je détrousserai
suffiront pour avorter les flammes
je fermerai tes yeux
puisque se furent les miens
de nos reflets brisés
je détruirai les liens
momie clouée aux échos de chagrin
je fermerai tes yeux
fulgurance du demain
et puis main retrouvée aux sources du lactée
j’irai crier l’étoile
et elle te reniera
je fermerai tes yeux
aux aboiements hirsutes
et glauques des humains
je ferai taire l’onde mièvre des matins
et leurs mots voletants papillons d’incertain
viendront choir en nos corps
loin de tout, loin de rien
je fermerai tes yeux
puisque se furent les miens
je nous enfermerai au dedans de nos ruines
petites perles de sang
desséchées, confondues
au temps blême qui passe
nous resterons statue
je fermerai tes yeux
je n’ai plus rien à voir
à voir et à aimer
ombre de l’ombre, j’attendrai par dépit
qu’on vienne me renierPublié le 12/07/2006 à 14h44 dans poésie