Diaphane

je fermerai tes yeux

au champ des assoiffés, j’irai tordre la terre

et elle te reniera

les fleurs de pluie que je détrousserai

suffiront pour avorter les flammes

je fermerai tes yeux

puisque se furent les miens

de nos reflets brisés

je détruirai les liens

momie clouée aux échos de chagrin

je fermerai tes yeux

fulgurance du demain

et puis main retrouvée aux sources du lactée

j’irai crier l’étoile

et elle te reniera

je fermerai tes yeux

aux aboiements hirsutes

et glauques des humains

je ferai taire l’onde mièvre des matins

et leurs mots voletants papillons d’incertain

viendront choir en nos corps

loin de tout, loin de rien

je fermerai tes yeux

puisque se furent les miens

je nous enfermerai au dedans de nos ruines

petites perles de sang

desséchées, confondues

au temps blême qui passe

nous resterons statue

je fermerai tes yeux

je n’ai plus rien à voir

à voir et à aimer

ombre de l’ombre, j’attendrai par dépit

 qu’on vienne me renier
Mer 12 jui 2006 10 commentaires

Puisque vous ne pouvez plus aimer et plus voir
Puisez votre vision dans un autre regard


"...cette renaissance de l'aube est contagieuse..."

Aude - le 12/07/2006 à 20h17

Aude, merci pour ces deux phrases, ces mots posés ici, je les prends comme une gifle ou un baiser, je les prends comme une bouée, une lueur, comme secousse, l'aube est longue à venir, et chaque dialogue avec l'autre est un nouveau rayon qui éclaire et bâtit, je veux écrire à nouveau votre texte car il est le fond de nous tous, ici si bas :

Puisque vous ne pouvez plus aimer et plus voir
Puisez votre vision dans un autre regard

daniel

Ces mots, daniel, sont plus que des mots vous l'avez bien compris Ces mots sont la vie, la beaute insolente parfois indecente de la vie
Si vous ne pouvez plus la voir alors laissez l'autre vous donner l'envie.

Aude - le 13/07/2006 à 04h56
qui t'a connu et aimé ne pourra jamais te renier  et surtout ne pourra que continuer à t'aimer. Comme le dit si justement Aude, laisse les autres regards  te redonner l'Envie, te démontrer que , dans ce monde si absurde, moche, injuste...et à la fois si beau , si éclatant, si plein d'amour (qu'il ne faut pas rejeter ou ignorer), de chouettes moments à vivre existent et que quelque part , il y a des gens qui t'aiment.
HU MAN
dysis - le 13/07/2006 à 16h51
suite à ton commentaire je découvre à mon tour cette nouvelle écriture. merci pour ton passage et ce lien vers chez toi. Ysa
yzandrine - le 15/07/2006 à 19h12




 


J’ai juste fermé les yeux pour revoir ton visage

 



Ton sourire radieux et pas toujours très sage

 



Je t’imagine aussi près de moi

 


t’approchant


 J’ai juste fermé les yeux pour rêver un instant



Merci d'avoir rompu le silence...



Amitié poétique


 



 



 



 

Laudith - le 15/07/2006 à 19h32
merci Laudith de ta visite et surtout du poéme, joli cadeau, pour le sourire pas trés radieux mais pas trés sage aussi
daniel

Désolée pour le problème de police...


Dorénavant, j'éviterai le copier coller

Laudith - le 15/07/2006 à 19h35

Je suis émue par ton texte daniel...


Il fait remonter en mois quelques vieilles douleurs, quelques vieilles attentes...


Aude a raison...plonge tes yeux dans d'autres regards...il y en a un qui est pour toi!


Amitiés


Domi

Domi - le 19/07/2006 à 09h37
merci, merci Domi, c'est curieux et touchant, tu es la première à dire, alors que je pense que ce petit texte transpire au travers les autres comm., l'aveu voire le vécu ou le ressenti que l'amour dans ses douleurs peut nous laisser, j'te fais une bise
daniel

Bonsoir Daniel,


je suis très touchée par ce texte où il est question de deuil ou de séparation de l'être aimé... Ce texte fait écho...


Quitter la personne aimée des yeux est très douloureux lorsque nos yeux ne voyaient plus qu'elle...


Et, comme le dit fort justement Domi, même s'il est encore possible de plonger ses yeux dans d'autres regards, le désir ne se commande pas...


Un poème en écho... je t'embrasse



CERISE EPHEMERE



Tu fus la cerise sur le gâteau de ma VIE,


La cerise désirée,


La rouge carmin…


 


Celle qu’on espère inlassablement,


Celle que l’on croque goulûment,


A la fin du printemps,


Celle qui décore les oreilles des enfants,


Celle que picorent les oiseaux portés par le vent,


Celle qu’en clafoutis cuisinent les mamans


ou en confiture, çà dépend,


pour défier le temps…


 


 


Cerise bien-aimée,


Moi, c’est en confiture que j’aurais aimé te cuisiner,


Pour que chaque matin,


Quelle que soit la saison,


au petit déjeuner,


Ta couleur carmin


Vienne se fondre


Dans mon premier café de la journée…


 


 


Cerise effet mer,


Tu n’as pas laissé


De goût amer…


 

Maya - le 31/07/2006 à 23h03
merci Maya pour ce double cadeau, ton poème et ta visite, ton texte apporte une fraicheur optimiste et rafraichissante, je ne mangerai plus de cerise comme avant désormais... bises
daniel
Trop fort.
Marie-Gabrielle - le 08/09/2006 à 11h11
merci marie-gabrielle le désespoir donne souvent l'inspiration
daniel

Hi Daniel, je me balladais sur ton site sans faire "à rebours".  Or, je ne comprends encore pas : "renier" ? Cela m'évoque le masculin des hommes qui ont assumé la vie, ses contraintes, ses désirs secrets qui n'ont pas toujours eu le repos de se laisser vivre...


Alors, reçois mon Mikado...


"Endormir"


Endormir / un relais / de fatigue / au désir /une porte fermée coulissante des ombres / et puis la fille /qui s'élance / bienheureuse / ressentie / se balance / on n'y croit pas / le pas feutré / entendu de l'espérance /disait /qu'il n'y avait que moi / de vérité soudaine / à celui vivifiant de l'aubaine / je ne crois pas l'écoulement du feu doux chaleureux / écourte les ondes pour sentir mieux que moi / j'écarte les mondes...

Marie-Gabrielle - le 29/09/2006 à 09h42