Diaphane
écrire, c'est offir, partager, les mots sont malléables et impersonnels et chacun peut les prendre et en jouer
ci-dessous le texte d'origine
sur la grève,
elle semble si frêle, cristal d’ombre, immobile,
avec au fond des yeux des élans avortés d’étreintes aux mugissements martelés d’un océan de sueur
le dernier chalut a saisi le port, s’est porté vers la jetée comme essoufflé,
elle a vu ces hommes titubants déposer leur maigre récolte sur un quai transpirant d’embruns et de vent et se fondre aux brumes assoiffées du roulis de l’ivresse
elle s’avance vers ce ventre mouvant ne relève pas sa robe que l’écume acharnée vient lui souiller en flocons de bave et gifles salées,
elle tend le bras, voudrait saisir ces confins d’horizon pour y cueillir l’esquif qui ne veut pas rentrer, et le chant du ressac comme unique prière
l’arc jaune du phare se cogne au rideau d’éléments, confondus, éperdus, gouffre de tourmentes et sirènes déchues
elle s’avance à nouveau et les flots égoïstes se jouent de sa personne, bouclier de chair, récif de vivant, elle laisse ce grouillement lui mordre les entrailles
sur la grève
comme des cercles d’étoiles, cadeau de l’océan
la brume qui se lève
et l’horizon tout blanc
et puis un matin, une autre version du texte déposée dans la boite à commentaires, même trame mais les mots s'échappent et nous emmènent ailleurs
merci Merbel pour cette sensuelle variation
Rêve fluide
Dans son rêve,
elle semble si frêle, cristal d’ombre, immobile,
avec au fond des yeux des élans affirmés d’étreintes aux mugissements martelés d’un océan de sueur
le dernier homme a saisi son corps, s’est porté vers la jetée comme essoufflé,
elle a vu ces hommes titubants déposer leur lactance sur ses quais transpirant d’embruns et de vent et se fondre aux brumes assoiffées du roulis de l’ivresse
elle s’avance vers cette lame rigide et mouvante ne relève pas sa robe que l’écume acharnée vient lui souiller en flocons de bave et gifles salées,
elle tend le bras, voudrait saisir ces confins d’horizon pour y cueillir l’esquif qui ne veut pas rentrer, et le chant du ressac comme unique prière
la colonne flamboyante du phare se cogne au rideau de ses éléments, confondus, éperdus, gouffre de tourmentes et extases déchues
elle s’avance à nouveau et les flots égoïstes se jouent de sa personne, bouclier de chair, récif de vivant, elle laisse ce grouillement lui mordre les entrailles
Dans son rêve
comme des cercles d’étoiles, cadeau de l’océan
la brume qui se lève
et le soleil miroitant
cette image d'une silhouette face à l'immensité et qui attend m'a toujours inspiré, la mer un peu comme la sagesse, immuable et qui garde ses secrets - merci Aude
Et elle attend, elle attend...
Merci pour tes commentaire Danile
Gros bisous au poète...
oui Laudith, elle attend un peu comme nous tous, elle attend le retour de la vie, de l'amour comme un défi au temps - bises
Désolée pour la faute faite à ton prénom Daniel...
destin scellé dans une vague
au nom inconnu
qui ne revoient jamais le corps de l'aimé trop tôt
disparu
souvent...
Beau poème.
oui Viviane, nous avons dans les yeux la même image voire la même symbolique - bises
pourquoi n'est elle pas au pied de ma maison
et ses goémons et ses chansons et ses ressacs en mots
bises moites moites
marco
En vous lisant a surgi une vision charnelle; car au fond quel est le malheur des êtres séparés? De ne plus se toucher, se caresser, se prendre, d'éprendre, se dépendre. Tout le reste est... littérature, sentimentalisme, ce qui n'exclut évidemment pas le sentiment fort.
Alors -et j'espère très sincèrement ne pas vous blesser car vous pourriez prendre le texte qui suit comme un plagiat, ce qu'il n'est pas!- je me suis amusée à remplacer certains de vos mots, par les miens. Parce que j'aime jouer avec les mots -tout comme vous je suppose- et aussi parce que je voulais trouver le moyen de vous commenter en disant cette première impression, sans paraître "olé olé" ;-))
Rêve fluide
Dans son rêve,
elle semble si frêle, cristal d’ombre, immobile,
avec au fond des yeux des élans affirmés d’étreintes aux mugissements martelés d’un océan de sueur
le dernier homme a saisi son corps, s’est porté vers la jetée comme essoufflé,
elle a vu ces hommes titubants déposer leur lactance sur ses quais transpirant d’embruns et de vent et se fondre aux brumes assoiffées du roulis de l’ivresse
elle s’avance vers cette lame rigide et mouvante ne relève pas sa robe que l’écume acharnée vient lui souiller en flocons de bave et gifles salées,
elle tend le bras, voudrait saisir ces confins d’horizon pour y cueillir l’esquif qui ne veut pas rentrer, et le chant du ressac comme unique prière
la colonne flamboyante du phare se cogne au rideau de ses éléments, confondus, éperdus, gouffre de tourmentes et extases déchues
elle s’avance à nouveau et les flots égoïstes se jouent de sa personne, bouclier de chair, récif de vivant, elle laisse ce grouillement lui mordre les entrailles
Dans son rêve
comme des cercles d’étoiles, cadeau de l’océan
la brume qui se lève
et le soleil miroitant
j'aime beaucoup votre adaptation de ce texte (sensualité et plus avec l'habit du mot comme apparat au sous-entendu) et je m'en réjouis d'autant plus que je considère toutes créations comme un don vers les autres ainsi chacun peut en utiliser à sa guise - merci Merbel et à bientôt
C'est magnifique. Bravo.
Je n'avais pas vu que tu avais mis mon blog en lien. C'est super sympa. Je fais de suite de même sur le mien.
merci Zebu32, tu sais il y a déjà longtemps que ton blog est mis en lien, j'aime bien me promener et réfléchir chez toi
Pas trop le temps ... mais des mots sincères pour vous remercier. L'écriture est un lien humain très puissant. Et je me réjouis que nous l'envisagions de la même façon!
Bien à vous.
Dans son rêve
Comme des cercles d’étoiles, cadeau de l’océan
La brume qui se lève
Et le soleil miroitant
Lui renvoie en reflet l’image de l’être aimé…
je reconnais bien là, Laudith, l'optimisme qui caractérise tes mots - merci pour cette fin tout en amour...
Bouleversant...
Pourtant, j'aimerai tant parfois etre impermeable a la souffrance...