Diaphane

c’est flou dans sa tête comme ses aubes de paille, troubles,

le regard jaune du passant, yeux de serpent, langue fourchue,

le fleuve renvoie et charrie excréments et reflets,

se fait appeler « ambre » comme la couleur de sa pisse, dit-il,
ce crépuscule sale quand l’onde renvoie l’ocre aux tremblements des candélabres, sa couleur,

celle du fond de sa bière avant l’édredon de noir, celle de la peau du  mourir, aux sillons oubliés de parfum et caresses,

c’est flou dans sa tête comme cette lune béate,

quand l’œil du rapace scrute jusqu’à l’invisible, becs de sangs,

c’est l’étiage et le temps halète,

se fait appeler « ambre » comme la couleur de son dernier whisky, dit-il,

Mar 25 aoû 2009 8 commentaires
Que d'âpreté dans ce texte. Je reste un peu sans voix, j'avoue, comme agressée verbalement, trop de violence pour moi. Sans doute ne suis-je pas réceptive à ce genre d'écrits en ce moment. Désolée. J'essaierai de faire mieux la prochaine fois...
zebu32 - le 26/08/2009 à 05h45
... mais l'essentiel c'est d'abord ta visite zebu,
je me suis mis devant mon clavier, seul, j'ai cherché un mot que j'aime et c'était "ambre", cette couleur, ce parfum, et les mots ont fusés, j'ai pensé aux sans-logis à la solitude de l'ivresse et celle de la rue avec des souvenirs qui bousculent, forcés aux titubements, ceux qui errent et traversent nos égoïsmes,
je t'embrasse
daniel
C'est là qu'on comprend toute la force d'inspiration que peut avoir un mot, selon nos ressentis, notre humeur. Pour moi, "ambre" est résolument positif. C'est peut-être ça, finalement, qui m'a empêchée "d'entrer" dans ton texte. La langue française dans tout son mystère, dans toute sa beauté...
J'aime beaucoup ton expression "traverser nos égoïsmes". On ne croise même plus les regards de ces gens, alors comment envisager de leur tendre la main ?
Bises
zebu32 - le 28/08/2009 à 05h41

Le dire des couleurs est toujours fascinant. Ce jaune sale à mourir, ce reste de bière chaude, cette peau oubliée en sa crasse, cette magnifique désolation, tout ce que traine l’enterrement lent d’une âme, cela doit  être vu, j’entends reçu bien plus loin que la rétine, par les yeux intérieurs. Ceux qui n’ont pas peur.

Très beau texte, Daniel, lu sur fond de Tom Waits…comme un fait exprès.

Belle journée.

Arthi

Arthémisia - le 28/08/2009 à 08h52
merci Arthémisia, c'est tout à fait cela, rien à dire après ce que tu as écrit, si, merci,
t'embrasse et bravo pour la zique derrière...
daniel
Couleurs saoûles et seules.
Plus rien à faire de la toile de la vie: elle s'est salit toute seule, crevée de becs rapaces.
La misère a viré la beauté.

Terrible Daniel!... Mais à laisser couler profond dans la gorge, dans hier ou demain...
Ut - le 02/09/2009 à 09h57

... merci Ut,
tous ces miroirs, tous ces fantômes...

daniel
Qui sont soi..; et qu'il faut bien apprivoiser :)
Ut - le 03/09/2009 à 09h41
merci de continuer à écrire, à vivre, mémoire écrite tu me fais  me souvenir...
merci pour ces lignes continues, cet amour du mot et de ces histoires vécues...
j'ai quitter la blogosphere il y a si longtemps et te voir continuer à proser me touche tellement...

que je ne pouvais resister à y laisser  mes couleurs...

                     ...merci Daniel, d'avoir gardé ton coeur
Dorian - le 04/09/2009 à 01h54
je suis trés touché Dorian par tes mots et justement pourquoi ton espace ne renvoie-t-il plus de couleurs ? lassitude, déception en tous cas ton passage me va droit au coeur
amitiés
daniel
C'est très beau
un mourir doré comme un sanctuaire
et pourtant quelle nuit derrière chaque mot...
Viviane - le 08/09/2009 à 10h41
merci Viviane mais ne suis pas étonné
que toi pour écrire çà : "...quelle nuit derrière chaque mot..."
tu sais, l'impression de ne même plus arriver à trouver les mots
et tout ce désespoir fourbe et moite,
cette couleur de sève desséchée
et nos errances titubantes
daniel
Dans le regard,  le reflet  de la vie,  de sa vie  et l'ambre doré  poisse et trouble  !

Bises
chrystelyne
chrystelyne - le 26/09/2009 à 21h39
cette ambre là qui porte dans sa gélatine figée nos traces de vie ou la larme du prunier qui coule doucement sur l'écorce, aveuglé, coupé de sève,
merci chrystelyne
daniel