Diaphane

depuis quand le commencement ?
il faisait noir
soudain le mouvement, soudain le murmure
l’ébauche distordue, spasmes d’évolution
emportée, entraînée
opaque horizon
crevée soudain de lumière
je jaillis
vomissement de terre
purifiée de roche
hystérique, transparente
les mots font ce qu’ils veulent
je suis éclat tourbillonnant
soudain confondue, anonyme
et ce flot grandissant
serpent de bave
qui chuchote et dévale
veines fragiles,
et cette peau de planète laminée, finissante
aux gueules des gouffres, au profond des gorges
effigies d’ombre qui obstruent et façonnent
parfois l’accalmie
je suis au tout
cellule palpitante d’un être sans visage
le reflet de l’onde soudain reposée
les berges sont vertes et paissent
les nourricières
je glisse au vent caresse
mes reflets comme baisers
pourquoi soudain l’arrêt, l’atrophie de l’obstacle
c’est l’homme insatisfait, qui oblige et mutile
au bout de la chute
des vallées desséchées, un torrent renaissant
il faut tout recréer, du ruisseau à l’étang
et me voilà complice d’un nouvel affluent
les mots font ce qu’ils veulent
je suis miroir frisson
vos visages en exergue
je glisse, m’étale, recouvre toutes les terres
fleuve condamnée à n’être qu’une mer
au fond de l’étamine
plus rien que l’asphyxie
le flux qui contamine
et l’enfant démuni
déjà le sel s’immisce et c’est l’immensité
les mots font ce qu'ils veulent
si petite que je sois
il me faut bien l’avouer
après tout c’est mon droit
que d’être transportée
je rejoindrai bientôt
ces écharpes cotonneuses
qui font le ciel de gris de brumes vaporeuses
et habillent vos âmes en volutes chagrin
pour finir silencieuse
en édredon crachin

Sam 6 jan 2007 12 commentaires
Merci Daniel, je relirai.
Derrière la larme, la légèreté.
Derrière la terre fondue puissante, sa masse déguoulinante.
Ton texte unit les deux donnant la vie.
Marie Gabrielle - le 06/01/2007 à 17h51
oui marie gabrielle, la vie, c'est le mot qu'il faut, l'eau m'a toujours fasciné ne serait-ce que parce qu'elle prend le forme de la matière qui la porte et de plus son extraordinaire pouvoir à se changer d'apparence
daniel

Je passe et une goutte se pose sous mes yeux ... elle gicle, elle dégouline et se répand ... j'aime tes mots.


A bientôt
Neurhône


 

neurhone - le 06/01/2007 à 20h36
merci neurhone et oui même nous, pouvons être source et mer, cette faculté de laisser naître nos cristaux salés quand le coeur souffre
daniel
goutte atout

Être la goutte au berceau de vos mots
Silence vindicatif réminiscence d'écho
Du temps vaincu le joyeux tombeau

Rincer le ciel du gris pour l'azur prévalant
Souvenir fébrile et passagère du vent
Goutte de tout dans le vide béant
Aude - le 06/01/2007 à 20h59
merci, vraiment, Aude pour ce joli cadeau
daniel
Un poème comme une grande écharpe
et ses dentelles
comme tu l'évoques toit même
(ce poème est aussi un abri)
...
mais surtout
garde toi quelque temps de finir écharpé (sourire)²
le bateleur - le 06/01/2007 à 22h25
merci Luc, j'aime les mots écharpe et dentelles c'est tout à fait ça, promis je fais gaffe
daniel

Moi aussi j'aime tes mots, des mots qu'on entend, des mots qui résonnent!


Unie à l'océan, la goutte d'eau demeure.
[Proverbe indien]

Tigwenn - le 06/01/2007 à 22h48
je ne connaissais pas ce proverbe Tigwenn, il colle parfaitement à ce que j'ai voulu écrire - merci
daniel

Très belle cette histoire de la petite goutte, une petit goutte qui avec ses soeurs deviendra un petit ruisseau qui fera une belle rivière puis un grand fleuve qui se jettera dans l'océan...


J'avais écrit un poème pour enfant : La petite goutte d'eau


Je pose quelques goutes d'encre pour te souhaiter une très bonne fin de journée...


 

Laudith - le 07/01/2007 à 16h24
et cette goutte Laudith petit serpent de pluie ruisselant aux joues de l'enfant...
daniel
Dans une simple goutte d'eau, le reflet de l'océan, l'immensité de l'univers. Quel bel hommage tu lui rends, Daniel ! Merci pour tes mots.
Cristal - le 11/01/2007 à 01h26
une goutte comme un cristal, transparente et aux mille reflets...
daniel
Très bel hommage avec de jolis mots exprimant de belles images. Laquelle retiendrai-je ? J'aime bien l'édredon crachin. J'essaierai d'y penser quand je pédalerai dans la bruine matinale et que les goutellettes comenceront à faire une mosaïque pas très artistique sur mes lunettes !
zebu32 - le 11/01/2007 à 07h32
ah la pluie zebu,elle ne fait pas que des claquettes... attention sur la route !
daniel
Obligée de dire enfin, ce souvenir-écrin, impossible à éteindre, impresciptible, juste (comme un rêve éveillée surgi de quelque part et resté intriinsèquement lointain, depuis assez longtemps maintenant)... je le situe en Chine ancienne ( je le sais sans preuve, mais je le sais).
 
Ce "souvenir" me parle (enfin ?) de la goutte, si proche alors du cristal, voire du diamant. J'ignore tout. Et cette femme comme assise en tailleur sans se laisser jamais voir - en tout cas immobile, mais l'esprit en alerte, qui est-elle ? Que contient une simple goutte d'eau au regard de l'histoire ?

Un son ?
Marie Gabrielle - le 11/01/2007 à 09h21
cette goutte au regard de l'histoire peut-être juste la vie en son coeur et la mobilité du temps...
daniel
les fautes... imprescriptible imperceptible... le rêve est éveillé.
Un son mais politique... cela doit s'assumer.

Ne te soucie pas de ce rêve parlé, Daniel, entends-le pour moi... s'il-te-plait, c'est tout.
Marie Gabrielle - le 11/01/2007 à 09h24