Diaphane
diaphane, qui transmet la lumière,
mais n’est pas transparent,
et qui ne s’est pas transcrit, ce jour pluvieux,
comme intrus devant ce dédale,
la terre béante à recevoir un autre corps,
et Lydie, présente à ce constat protocolaire a écrit ce qui suit :
C’était un jour de printemps, le ciel menaçant…
Assise dans cette église abîmée, personne à côté d’elle.
Juste face à elle, lui.
Elle l’avait connu à l’adolescence, le premier amour,
Celui qui vous fait tourner la tête, et sur ce bout de papier le calcul des jours ensemble échangés à travers la grille du lycée.
Mais très vite la relation fut agitée, lui courant après la vie, elle beaucoup plus posée s’essoufflait à le suivre. Pourtant toujours, par amour elle essayait, jamais elle n’aurait voulu laisser échapper l’homme qu’elle aimait… C’était clair dans sa tête elle ferait tout pour lui, tout…
Parfois, et au fil du temps, elle devenait sa poupée, il pouvait être à la fois tendre et ignoble, comme un enfant qui joue… Il aimait beaucoup sa poupée…
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Elle était là, assise, seule, face à lui mais ne pouvait pas voir son visage.
A sa gauche, une petite fille avec un nounours, la ressemblance est flagrante, les mêmes cheveux, le même sourire, le même visage… A côté d’elle cette petite femme, en basket et cuir démodé, elle la reconnaît, déjà vue sur une photo qu’elle avait trouvé chez lui. Ce doit être la maman de la petite…
Devant, une femme blonde, touchant sans cesse son alliance, les yeux remplis de larmes, inconsolable…
Fin de la messe, sortie d’église, elle y retrouve la famille, qu’elle a bien connue. Chacun se rappelle à ses souvenirs… Et une seule question en tête, comment a-t-il pu en arriver là ?
Si jeune, un tel vécu derrière lui, un écorché vif, toujours à la quête de soi, et cette lente déchéance…
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C’était un jour de printemps, une éclaircie dans ce ciel menaçant…
Ultime marche pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure.
Elle laissa passer la famille et les amis, et derrière ses lunettes noires, elle laissa s’échapper une larme. Des années qu’elle ne l’avait pas vu, ils s’étaient quittés sans violence, juste quelques mots balbutiés au téléphone, et pour lui le regret de l’avoir laissé partir, elle lui avait glissé des mains, il n’avait jamais cherché à la rattraper…
Et comme pour signaler le clap de fin, d’un geste lourd elle attrapa la rose et lui offrit, sous le regard étonné de la petite fille au nounours qui se demandait qui elle était…
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Quelques années plus tôt, sur un lit d’hôpital, réveil difficile, l’homme à ses côtés la rassure « ne t’inquiètes pas, je suis là maintenant ».
Ces mots en écho, dans ce cimetière, la rassure. Elle prend son téléphone, l’homme à l’autre bout du fil, « j’arrive mon amour… ». Et cette envie de le serrer si fort, dans ses bras elle n’est plus poupée, elle est femme.
merci dysis, ces mots ne sont pas miens mais comme tu le dis reflètent si fort le réel, poignants et sans appel, merci pour elle
Alors merci à Lydie et quand même à toi pour m'avoir permis de vivre ces émotions.
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je ne trouve pas les mots pour répondre en plus aujourd'hui c'est la st ulrich une pensée pour lui la haut beaucoup de souvenirs reviennent ont ne peut pas rester insensible devant une disparition aussi tragique que de belle phrase dans ce message tellement touchante et qui vont droit au coeur
Encore trop peu de mots pour exprimer ressentis et émotions ; les mots ne parviennent à dépasser les pensées ; magnifiquement poignant ; merci une fois de plus .